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Mécanique céleste et Cosmologie,                 ISBN 978-2919314-003,   158 pages,  18 

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Note présentée par Émile BRAUNTHAL-WEISMAN ;

 

Les anneaux de Saturne et des planètes géantes.

 

Résumé : Actuellement, les lois de la mécanique newtonienne ne permettent pas d’expliquer la structure des anneaux de Saturne et de ceux des autres planètes géantes telle qu’elle nous a été révélée in situ par les sondes Voyager. Il est possible d’en rendre compte d’une façon simple, dans le cadre des lois de la mécanique classique en tenant compte du fait que les corps célestes, en tournant sur eux-même, génèrent un champ de gravitation à deux composantes perpendiculaires entre elles, une force radiale d’attraction, la force de Newton d’expression fN =GMm/a2 et un Moment de force axial d’expression M =GMmcosd /a.

 

Abstract : At present time, laws of classical mechanics do not allow to understand the structure of the rings of Saturn and these of others big planets. It is possible to explain these structures if we introduce in the gravitational field of central celestial bodies a perpendicular component at Newton’s attractive force. Thus, with a torque of  expression : M =GMmcosd /a  one can calculate with accuracy the positions of empty zones in the rings. 

 

Les anneaux  sont composés de blocs individuels dont les vitesses orbitales sont conformes à la loi des aires de Kepler. La vitesse orbitale de ces blocs ne dépend donc que du rayon de leur orbite, et deux blocs sur des orbites voisines vont avoir des vitesses différentes et des temps de révolution différents. Ce qui fait que, nécessairement, les anneaux ne peuvent présenter une structure homogène et doivent être constitués d’anneaux de faible largeur dans lesquels les blocs ont tous la même vitesse.

 

Cependant, il existe des zones où il n’y a aucun blocs. Les séparations entre les anneaux, visibles de la terre, et celles mises en évidence par les sondes Voyager, ne peuvent être expliquées par la loi de Newton. Une explication relevant de la mécanique classique est cependant possible :

 

Nous avons déjà eu l’occasion, à propos du mouvement du périhélie des planètes1 et du mouvement rétrograde[i] des satellites lointains de Jupiter et de Saturne, d’invoquer l’existence d’une composante perpendiculaire à la force d’attraction newtonienne du champ de gravitation des corps célestes.

 

Le champ de gravitation d’un corps céleste est ainsi caractérisé par une force d’attraction radiale, la force de Newton, d’expression :

 

F = GMm/a²

(1)

 

et d’un Moment de force M s’exerçant dans le sens de rotation du corps central d’expression :

 

M = GMmcosd/a

(2)

G est la constante de la gravitation universelle, M, la masse du corps central, m, la masse du corps satellite, a, la distance entre les centres des deux corps et d, l’angle de la position du satellite sur le plan équatorial du corps central.

 

Ces deux composantes sont donc perpendiculaires entre-elles.

 

Un Moment de force, n’est pas une force et il ne fait que maintenir constante la vitesse du satellite sur son orbite. Ce moment de force doit donc se substituer à la notion de vitesse initiale invoquée actuellement pour expliquer le mouvement orbital alors que la seule force d’attraction de Newton ne permet que de constater que les corps ont justement cette bonne vitesse qui, par la force centrifuge qu’elle génère, équilibre la force radiale d’attraction.

 

Les petits satellites n’ont généralement pas de mouvement apparent de rotation autour de leur axe polaire, cependant du fait qu’ils présentent toujours la même face au corps central, ils font sur eux-mêmes un tour dans le même temps que la durée d’une révolution orbitale. Ainsi leur champ de gravitation propre comporte également une composante axiale, un Moment de force.

 

Un troisième corps, plus petit, situé entre le corps central et son satellite sera ainsi soumis à deux champs de gravitation comme représenté sur la figure.

 

 

 

 


P

 
 

 

 

 

 

 

 


Le plan équatorial du corps central  P est dans le plan du dessin. Les deux corps A et S sont dans le plan équatorial du corps central. Le corps central tourne sur lui-même dans le sens anti-horaire. Le corps central  P exerce donc un Moment de force sur A et S. Le satellite S génère également un champ de gravitation et puisqu’il tourne sur lui-même en même temps qu’il tourne autour de corps central, son champ de gravitation comporte également un Moment de force qui s’exerce sur A

 

Chaque unité de masse m de A subit ainsi deux Moments de force antagonistes. Ces Moments de force ont pour effet de provoquer le mouvement des corps à une certaine vitesse synchrone :

 

(3)

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est la vitesse angulaire des objets dans le référentiel du corps central P. Vitesse angulaire que l’on peut exprimer :

 

(4)

Le satellite S et les blocs qui composent les anneaux, ont, dans le référentiel de P, une vitesse angulaire :

 

(5)

 

mais les blocs ont, dans le référentiel de S, une vitesse angulaire :

 

(6)

 

Les vitesses angulaires s’additionnent géométriquement et il nous faut donc tenir compte des influences cumulées des Moments de force de la planète P et du satellite S.

 

Le corps A semblera au repos par rapport au satellite S si wr = ws ou, d’une façon générale lorsque a  est l’angle de la position du corps A dans le référentiel de S compté à partir de l’opposition, si :

 

(7)

 

puisque  tous les corps sont dans le plan équatorial de P et que les orbites sont considérées comme quasi circulaires. Dans ces expressions, a est la distance du centre du satellite S au centre du corps central P, r, est la distance entre le satellite et le corps A.

 

Lorsque cette égalité est effective, le corps A ne peut se déplacer ni dans le sens horaire ni dans le sens contraire. Il ne peut donc se mouvoir selon les lois naturelles de la gravitation newtonienne. C’est pourquoi, il existe des zones où la gravitation n’est pas possible. Ces zones sont les séparations entre les anneaux. Elles sont toujours présentes et visibles quelle que soit la finesse avec laquelle on observe ces anneaux.

 

A titre d’exemple, le graphique ci-dessous calculé selon (7) indique en ordonnées la variation de la vitesse angulaire du corps A par rapport à la vitesse angulaire de S dans le référentiel de P, en fonction de sa position autour du satellite S. L’angle de la position du satellite est compté à partir de la conjonction, lorsque la distance PA est minimum. Les angles sont donnés de 20 en 20 degrés en abscisses .

 

 

La courbe Noire est obtenue pour un corps A gravitant à la distance de 2620 km de Janus de masse de 1,98.1018 kg à une distance moyenne de 151470 km de Saturne (masse de 5.67.1026 kg). la courbe Rouge est obtenue pour une distance de 2800 km et la courbe Jaune correspond à une distance de 2980 km.

 

En comparant ces 3 courbes, on voit qu’à 2620 km de Janus, la vitesse angulaire de A sera toujours supérieure à celle de S quelle que soit la position angulaire mais toujours très voisine de cette dernière, ce qui n’est pas le cas à la distance de 2800 ou 2980 km où la vitesse angulaire de A est tantôt supérieure et tantôt inférieure à celle de S.

 

La zone où la vitesse angulaire du corps A est voisine de la vitesse angulaire de S dépend donc de la distance au satellite et de la position angulaire autour du satellite. Dans ces zones les corps qui composent les anneaux ne peuvent se mouvoir dans un sens déterminé tout au long d’un parcours orbital. Soit leur vitesse angulaire est inférieure à la vitesse angulaire de S autour de P et ils ont un sens rétrograde (sens horaire) de rotation autour de P, soit leur vitesse angulaire est supérieure à celle de S et ils auraient tendance à se mouvoir dans le sens direct. Comme cette valse hésitation se produit pour une distance constante à S selon la position angulaire du corps A, cette distance ne permet pas la gravitation naturelle et correspond à une zone de séparation des anneaux.

Les anneaux sont, en effet, composés de matériaux de différentes tailles et de masses très variables. Les plus massifs exercent sur les plus petits des Moments de forces qu’il ne faut pas négliger compte tenu des faibles distances entre ces corps. C’est pourquoi on peut observer de très nombreuses zones de séparation.

 

Les corps les plus massifs étant moins sensibles aux effets des autres blocs, ils gravitent sur des orbites quasi circulaires et génèrent tout au long de leur orbite un Moment de force de sens anti-horaire sur les autres blocs, ce qui fait que la zone où la gravitation est impossible est également quasi circulaire et se maintient alors même que le corps massif qui a généré cette zone à un endroit donné s’en est éloigné du fait de la différence des vitesses orbitales.

 

Ainsi, les gros satellites de Saturne génèrent les divisions les plus marquantes dans le plan des anneaux aux rayons indiqués dans les deux colonnes du Tableau ci-dessous :

 

 

Nom

Du

satellite

Masse

(kg)

Rayon orb.

(km)

r (km)

Rayon

Intérieur

(km)

r’ (km)

Rayon

Extérieur

(km)

Prométhée

1.4.1017

139350

1436

137914

1451

140800

Pandore

1.3.1017

141700

1512

140188

1528

143228

Épiméthée

5.4.1017

151420

2010

149410

2035

153455

Janus

1.92.1018

151470

3164

148306

3218

154688

Mimas

3.75.1019

185520

5952

179568

6141

191661

Encelade

7.3.1019

238020

10307

227713

10680

248700

Téthys

6.22.1020

294660

15670

278990

16550

311210

Dionée

1.1.1021

377400

22420

354980

23835

401235

Rhéa

2.31.1021

527040

83780

443260

89947

616987

Tableau 1. Le rayon r est le rayon calculé avec la formule (8). Le rayon r’ est calculé avec la formule (9). Les rayons intérieurs et extérieurs sont ceux des zones où chacun des satellites empêche la gravitation naturelle. Les masses et rayons des orbites des satellites sont extraits de http://www.solarviews.com/french/data2.htm

 

 

Les zones où la gravitation est impossible sont plus ou moins larges selon la masse des satellites qui les génèrent. On voit en effet, par la recherche de r et r’ dans la formule (7), qu’il existe une large zone autour de r dans laquelle la vitesse angulaire d’un bloc ne sera déterminée d’une façon franche ni dans le sens direct ni dans le sens opposé.

  

Ainsi, la division de ENCKE  de rayon intérieur de 136800 km et de rayon extérieur de 140200 km est exactement à la distance r de Prométhée selon la formule (7) ci-dessus. La zone de séparation des anneaux A et F à 140210 km du centre de Saturne est générée par Pandore. La séparation des anneaux G et E située à 180000 km et large de 8000 km est générée par Mimas… 

Cependant, la présence de plusieurs petits satellites de Saturne à des distances proches les uns des autres fait que les zones de séparation des anneaux sont distribuées d’une façon chaotique et que de longs calculs seraient nécessaires pour déterminer de façon précise quelle zone peut être attribuée à tel ou tel satellite.

 

La forme « mystérieuse » de certains anneaux torsadés s’explique aussi facilement :

 

Si un des blocs de grande masse tourne sur lui-même selon un axe qui est dans le plan équatorial du corps central, il va générer un Moment de force perpendiculaire à celui de la planète. Les corps voisins vont ainsi avoir un double mouvement, l’un dans le plan orbital et l’autre en hélice autour du mouvement du bloc massif.

 

Il est évident que ces résultats ne peuvent être obtenus et compris qu’avec l’introduction du Moment de force de rotation des corps célestes en complément de la force radiale d’attraction de Newton. La force de Newton étant une force à symétrie sphérique, la distribution des poussières et blocs de matière pourrait être quelconque tout autour de la planète. Seul le Moment de force de rotation, avec son maximum dans le plan équatorial du corps central rend compte de la distribution de la matière des anneaux.

 

 

Pour m’écrire : ebraw@wanadoo.fr

 

 

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1- Note proposée à l’Académie des Sciences de Paris en janvier 1995

2- Note proposée à l’Académie des Sciences de Paris en février 1997