Mes livres : Atomes
et matière,
ISBN 978-2919314-027, 360
pages, 34 € Mécanique
céleste et Cosmologie, ISBN
978-2919314-003, 158 pages, 18
€ Atoms and matter ISBN 978-2919314-034, 338
pages, 34 € Expédiés
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Jean-Marc Lévy-Leblond et la physique théorique
Dans ma Réponse à
Sylvain Poirier, j’écrivais « À aucun moment au cours de son cursus
Poirier n’a eu la possibilité de penser que la physique qu’on lui enseignait
n’était pas LA physique mais seulement UNE physique ». Avec raison, un
de mes correspondant m’interpella. Pour
lui, il ne pouvait y avoir qu’UNE physique. Effectivement, mais ce que j’ai
voulu dire, c’est qu’il y a plusieurs façons de l’enseigner. Et ce ne sont pas
les élèves de Jean-Marc Lévy-Leblond de l’Université de Nice, qui me
contrediront.
Ses élèves ont certainement appris et en ont fait l’expérience au
laboratoire du lycée, que l’on pouvait faire l’analyse de l’eau
avec du courant électrique. Deux électrodes plongées dans une solution acidulée
permettaient de dissocier l’eau en ses composants, l’hydrogène et l’oxygène.
Cette opération consommait de l’énergie électrique dans une proportion bien
déterminée et en faisant l’opération inverse, la synthèse, en
mélangeant de l’oxygène et de l’hydrogène, on obtenait de l’eau et récupérait
le courant électrique dépensé lors de l’analyse. Bien sûr, cette opération est
beaucoup plus difficile à réaliser, d’où les difficultés rencontrées
actuellement dans l’industrie automobile pour doter nos véhicules de moteurs
électriques alimentés par des piles à combustibles. Il n’empêche
que dans le bilan de l’analyse ou de la synthèse de la molécule d’eau il y a
toujours absorption ou libération de 4 électrons. Mais ce n’est certainement pas cette physique (si toutefois elle
était au programme universitaire) que JMLL pourrait enseigner à ses étudiants
car il ne semble pas la connaître.
Je publie ci-dessous la photocopie de la lettre où JMLL
s’étonne : « d’où tirez-vous l’idée que des charges électriques sont
recueillies lors de la synthèse d’une molécule d’eau (électriquement neutre) à
partir d’atomes (neutres aussi) d’oxygène et d’hydrogène ? Que voulez-vous
dire ? »
Il faut se rappeler que le principe de la pile à combustible a été
découvert par Grove en 1839 et qu’en 1986 (date de la lettre de JMLL), ce
n’était plus un secret pour personne et l’on doit non seulement s’étonner mais
surtout s’indigner de constater qu’un professeur de physique théorique
d’Université puisse l’ignorer.
Mais ce n’est pas tout. Jean-Marc Lévy-Leblond se veut d’être un
spécialiste de la théorie de la relativité. C’est à lui que font généralement
appel les chaînes de télévision lorsqu’il s’agit d’en vulgariser les principes.
Ses ouvrages en la matière se réclament d’être pratiquement les seuls
disponibles en langue française. Il ne semble donc pas étonnant que cette
théorie reste si mal comprise du public et même parfois des enseignants ou des
scientifiques. On peut même se demander ce que JMLL en a compris. Qu’on en
juge : « Contrairement à ce que vous semblez croire, la
physique moderne n’affirme pas que la Terre tourne autour du Soleil
plutôt que l’inverse. Ce qu’elle dit est
a) qu’un même mouvement reçoit des description différentes et toutes valables
suivant le référentiel (le point de vue adopté) ; il est hors de doute
que, pour nous Terrions,[sic] c’est bien le Soleil qui tourne autour de
la Terre, b) que certains référentiels, dits « inertiels »,
permettent une analyse plus simple et plus naturelle de la dynamique ;
c’est sous cet angle qu’est privilégié le référentiel du Soleil, plus
approximativement inertiel que celui de la Terre. ». JMLL confond la
théorie de la relativité avec une quelconque théorie du mouvement relatif, ce
qui pourrait être admissible de la part d’un
simple individu mais fait
dresser les cheveux sur la tête lorsqu’on pense que de tels propos émanent d’un
professeur d’Université qui de plus se réclame d’être le spécialiste en ce
domaine.
Dans cette même lettre JMLL répond à d’autres questions que je
lui avais posées. Ses réponses apparaissent sur les photocopies jointes.
Je ne les commente pas ici mais un spécialiste de la Mécanique quantique
pourra peut-être s’étonner d’apprendre qu’en 1986 « les forces
coulombiennes expliquent parfaitement la cohésion des atomes et des molécules
aussi bien qu’en solides macroscopiques » alors que la MQ ne dispose
toujours pas, actuellement, de moyens de calculs et de compréhension pour les
interactions entre particules lorsque celles-ci sont en nombre supérieur à 3.
Par ailleurs, le lecteur pourra remarquer que le manuscrit que je
proposais à la collection « Sciences » des Editions du Seuil, dirigée
par JMLL a été refusé par celui-ci alors qu’il avoue, quelques lignes plus
bas : « N’ayant pas eu communication de votre
manuscrit… »
Au delà de vouloir porter atteinte à la notoriété personnelle et
à l’intégrité de Jean-Marc Lévy-Leblond, je veux, par ces quelques exemples,
preuves à l’appui, montrer comment fonctionne la caste scientifique toute
entière. On se soucie très peu de faire avancer les connaissances. Les
manuscrits sont retournés à leurs auteurs sans même être lus dès lors qu’ils ne
sont pas signés d’un membre de cette caste. Leurs contenus est sans importance,
ce qui importe c’est le nom de l’auteur. Peu importe aussi que des dizaines
d’ouvrages aient le même contenu et qu’il suffit d’en lire un pour les avoir
tous lus, on publie puisque le signataire est un membre reconnu et accepté de
la communauté scientifique. Peu importe aussi ce qu’ils contiennent pourvu
qu’ils débitent les mêmes antiennes conformes aux canons orthodoxes. Les textes
originaux émanant d’auteurs inconnus sont systématiquement refusés surtout
s’ils risquent d’ébranler cette majestueuse institution qu’est la Communauté
scientifique et de mettre en cause l’enseignement qu’elle prodigue.
Ainsi, les
scientifiques, drapés de l’aura du Savoir, peuvent dire et écrire n’importe
quoi comme le montre la lettre de JMLL. Ils ne craignent jamais d’être démentis
ou rappelés à l’ordre. Il y a toujours, dans la communauté scientifique,
consensus pour accepter les interprétations et les explications d’un de
ses membres. Par ailleurs le profane
n’est pas censé être à même de discuter ou
de contester l’enseignement qui lui est doctement distillé.
Tout le système est finalement perverti car les diplômes décernés
ne font que constater que le récipiendaire a bien assimilé l’enseignement qui
lui a été prodigué, quel que soit cet enseignement. Il importe peu que les
connaissances accumulées soit justes ou fausses, désuètes ou toujours
d’actualité, utiles ou superflues, celles qui méritent le diplôme, sont celles
qui sont conformes à ce qui a été professé, qu’elles aient été comprises ou
seulement apprises.
Ainsi, des professeurs comme JMLL sont finalement malfaisants.
D’une part, ils ne comprennent même pas ce qu’ils sont censés enseigner, ce qui
n’est pas très grave lorsqu’il s’agit de la relativité, car cette théorie ne
sert à rien, ni dans la vie pratique ni dans l’industrie de pointe ni même dans
la conquête de l’espace où les effets relativistes sont encore trop faibles
pour qu’il soit nécessaire d’en tenir compte ; d’autre part et là, c’est
plus grave, ils freinent le développement des connaissances en écartant tout ce
qui n’est pas conforme à l’enseignement orthodoxe.
Et, ce qui est plus grave encore, c’est qu’aucune sanction n’est
possible à leur égard. Les responsables universitaires et même les politiques
sont plus des administratifs que des scientifiques. Ils ne peuvent que s’en
remettre à eux pour décider de ce qui doit être enseigné ou non. Ils sont de
plus toujours incapables de discuter de la pertinence d’une proposition
scientifique, ou du bien fondé de l’utilisation des fonds publics que les
scientifiques réclament pour le financement de leurs programmes.


M’écrire : ebraw@wanadoo.fr