Propagation du rayonnement

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Propagation du rayonnement  électromagnétique.

 

 

  Le fait que le rayonnement électromagnétique se propage  dans l’espace est universellement admis, mais la physique actuelle ne peut expliquer comment se fait cette propagation. Depuis les observations, en 1676, des éclipses des satellites de Jupiter par Römer et l’interprétation correcte qu’il en déduisit, il est admis que la propagation de la lumière n’est pas instantanée et se fait à vitesse finie. Cependant, le mode de propagation de ce rayonnement est encore inconnu tout comme la nature exacte de sa constitution. Maxwell ne

 

« pouvait concevoir une propagation dépendant du temps que de deux manières : transport d’une substance matérielle à travers l’espace ou propagation d’un état de mouvement ou de tension dans un milieu déjà existant dans l’espace. » [1]

 

  Il avait donc à choisir entre la théorie de l’émission de Newton  et la théorie des ondulations de Huygens, Young, Fresnel et Green. Il ne pouvait admettre l’action à distance car il se posait la question de savoir sous quelle forme cette énergie pouvait exister entre le moment où elle quitte la source et  le moment où elle parvient à sa destination. Il pensait bien sûr à l’énergie ciné­tique qui, naturellement, nécessite un support matériel. On ne peut en effet concevoir cette forme d’énergie se propageant seule, indépendamment du mouvement d’une forme ou d’une autre de matière.

   Or après avoir démontrer que la vitesse de déplacement d’une perturbation électromagnétique et celle d’une onde lumineuse se calculaient de la même façon, il admit l’existence d’un milieu qui remplirait l’espace entre les corps et permettrait la propagation aussi bien celle du rayonnement électromagné­tique que celle des ondes lumineuses. Ainsi, il conclut que seule la deuxième hypothèse était admissible. L’espace devait donc être empli d’une substance, l’éther, permettant la transmission de proche en proche, de l’énergie lumi­neuse ou électromagnétique entre le corps émetteur et le corps récepteur. L’énergie transportée entre la source et le récepteur ne pouvait être subs­tance et prenait la forme, soit d’énergie cinétique, lorsque la perturbation se déplaçait et ébranlait les particules d’éther, soit d’énergie potentielle, pendant la déformation de la particule. Mais dans cette hypothèse, l’objet qui trans­portait ou transmettait l’énergie cinétique restait immatériel, il s’agissait d’un simple mouvement provoqué par le corps émetteur sur la particule d’éther la plus proche qui à son tour bousculait les particules d’éther voisines et ainsi de suite, dans tout l’espace environnant. Les particules d’éther ne pouvaient être considérées comme des particules matérielles (avoir une masse) au sens commun admis en Mécanique sinon l’éther opposerait une résistance au mouvement des corps.  Maxwell ne s’est donc pas posé la question de savoir comment des particules de masse nulle pouvaient transporter ou transmettre de l’énergie cinétique. Il est vrai que cette question n’interroge plus per­sonne. Lorsque Einstein, chassa l’éther et réintroduit les particules de lu­mière, les photons, de masse nulle également, il ne se posa pas davantage cette question.  Cependant, la théorie de Maxwell n’est pas compatible avec celle de Huygens et de Fresnel : lorsqu’un corps émet de l’énergie lumi­neuse, cette énergie ébranle les quelques particules d’éther qui environnent le corps. A leur tour ces particules d’éther vont ébranler les particules voisines et ainsi, de proche en proche toutes les particules d’éther de tout l’univers vont se trouver ébranlées. D’après la théorie de Huygens et de Fresnel, l’amplitude et la phase de la vibration de toutes les particules d’éther sont les mêmes que celles de la source. Si l’amplitude du mouvement de la particule d’éther est caractéristique de l’énergie cinétique transmise (quelle autre don­née pourrait bien caractériser cette énergie ?), toutes les particules d’éther de tout l’univers doivent, à chaque perturbation se trouver animées de la même énergie que celles qui avoisinent le corps émetteur. Si bien que l’effet éner­gétique produit par le moindre effet lumineux serait toujours infini.[1] Ce qui d’une part serait absurde et qui, d’autre part, contredit la loi selon laquelle l’énergie transmise diminue avec le carré de la distance à la source. Si l’énergie cinétique des particules d’éther diminuait avec le carré de la dis­tance, c’est l’amplitude de leur mouvement de vibration qui devrait diminuer, ce qui serait admissible si la fréquence reste constante, mais serait en contra­diction avec l’énoncé des lois de Huygens et Fresnel.

  Par ailleurs, en supposant que les particules d’éther soient les vecteurs du rayonnement électromagnétique et du rayonnement lumineux, Maxwell im­posait à ces particules d’éther des caractéristiques très différentes selon la nature du rayonnement transmis. Bien sûr, en  fustigeant ceux de ses contemporains qui :

 

« ... se livr[ant] à des spéculations sur les causes des phénomènes phy­siques avaient l’habitude d’expliquer chaque espèce d’action à distance au moyen d’un fluide éthéré spécial, dont c’était la fonction et la pro­priété de produire ces actions. Ils remplissaient l’espace entier de trois ou quatre sortes d’éthers superposés, dont les propriétés n’étaient ima­ginées que pour sauver les apparences ... »[2],

 

il ne pouvait faire mieux que d’affirmer la parfaite identité du rayonnement électromagnétique et des ondes lumineuses ainsi que l’existence d’une seule variété d’éther et d’un mode de propagation commun à ces deux phénomè­nes. C’est ainsi qu’il imposa aux particules d’éther d’être des corpuscules parfaitement rigides pour transmettre la lumière et, implicitement, d’avoir des propriétés électromagnétiques pour générer le rayonnement du même nom. En effet, dans la mesure où le rayonnement ne consiste que dans la propa­gation d’un état de mouvement ou de tension dans un milieu déjà existant dans l’espace, il faut que les particules d’éther possèdent en elles les pro­priétés qui génèrent le champ électromagnétique omniprésent et ces pro­priétés ne peuvent résulter de leur simple mouvement.

 

  Ainsi, l’hypothèse de l’éther permet, à la rigueur, d’expliquer la propagation de la lumière mais est insuffisante pour rendre compte de l’existence et de la propagation du champ électromagnétique. Comme il ne fait aucun doute que les phénomènes électromagnétiques et les phénomènes lumineux sont de même nature et se propagent de la même façon, il convient d’expliquer leur mode de propagation d’une façon univoque. De plus, depuis qu’Einstein a supprimé l’éther, le mode de propagation proposé par Maxwell ne peut plus être accepté. La propagation de proche en proche nécessite, en effet, l’existence d’un milieu matériel de propagation.

 

  En 1845, Gauss « avait la conviction intime qu’avant tout, il était néces­saire de se former une représentation complète de la manière dont a lieu cette propagation »[3]   Maxwell, qui le cite, a bien rendu compte, mathémati­quement de la propagation des champs électromagnétique. Ses formules sont évidemment toujours valides, car elles ne décrivent que les effets de la pro­pagation. Dans ses équations, Maxwell n’a pas cherché à décrire le mode de propagation et s’est contenté de constater que le rayonnement se propage. Partant de ce constat, ses formules décrivent le champ qui en résulte, tout comme la loi de Newton n’explique pas ce qui engendre la force d’attraction, ni le mode de propagation de l’action gravitationnelle, mais en décrit les effets.

   L’hypothèse de l’existence de l’éther s’est imposée à Maxwell alors qu’à son époque, de nombreux scientifiques cherchaient à rendre compte du mode de propagation du rayonnement électromagnétique. Ainsi, Riemann (1858) propose une équation de la propagation sans faire intervenir le milieu dans lequel le phénomène se propage. Ce qui suppose que le rayonnement consiste en un transport de quelque chose qui provoque l’effet électroma­gnétique ou lumineux. Clausius, critique la proposition de Riemann et dé­montre « que l’hypothèse d’un potentiel se propageant comme la lumière ne conduit ni à la formule de Weber, ni aux lois connues de l’Électrodynamique »[4]   

  Neumann tente de démontrer, en comparant la force électromagnétique de Coulomb et la répartition de l’éclairement en fonction de la distance, que le potentiel électromagnétique ne se propage pas de la même façon que le rayonnement lumineux.

 

   Maxwell fait l’inventaire des travaux sur cette question, critique la concept de potentiel de Neumann et refuse « de le concevoir comme une substance matérielle projetée d’une particule à une autre d’une façon tout à fait indé­pendante du milieu »[5] car il se pose la question de savoir, dans cette théorie et dans les autres théories similaires, quel est l’état du quelque chose entre le moment où il quitte la première particule et celui où il atteint la seconde. :

 

 «  Si ce quelque chose est, comme dans la théorie de Neumann, l’énergie po­tentielle des deux particules, sous quelle forme devons-nous concevoir que cette énergie existe en un point de l’espace qui ne coïncide ni avec l’une, ni avec l’autre des particules ? »

 

et il conclut :

 

 « En fait, toutes les fois que de l’énergie est transmise d’un corps à un autre, le temps intervenant dans cette transmission, il faut qu’il y ait un milieu ou une substance où l’énergie existe après avoir quitté le premier corps, avant d’avoir atteint le second car, comme le remarque Torricelli, l’énergie est une quintessence de nature si subtile   qu’elle ne saurait être contenue dans aucun autre vase que la substance la plus intime des objets matériels »[6]

 

  Depuis qu’Einstein à jeté l’éther à la poubelle, la propagation du rayonne­ment n’a plus le support si nécessaire à Maxwell. Pourtant, le rayonnement continue de se propager. La question qui se pose est de savoir si le rayonne­ment ignore la décision d’Einstein ou s’il ne se propage pas conformément à l’hypothèse de Maxwell. Nous allons voir que la proposition de Neumann est proche de l’hypothèse la plus plausible, celle qui découle du concept exposé dans cet ouvrage.

 

 Si les surfaces fronts d'onde sont de nature électrique, on peut leur appliquer les lois de l'électrodynamique.

  Considérons un atome excité et émettant un rayonnement de fréquence n. Ne nous préoccupons pas du rayonnement incident et ne considérons que le rayonnement émis. Supposons notre atome à la surface d'un nuage ou d'un solide quelconque. Son émission se fera vers l'extérieur et les fronts d'onde qu'il émettra seront des surfaces hémisphériques, les fronts successifs seront concentriques et auront pour centre commun l'atome émetteur. Ils seront tous séparés d'une distance égale à la longueur d'onde.

 Nous supposons que la fréquence d'émission sera constante sur une période de temps suffisante pour justifier notre raisonnement. Dans cette hypothèse, tous les fronts d'onde sont émis sur la même orbite de l'atome et ont donc la même charge. Cette charge est quelconque et indéterminée mais si tous les fronts ont cette même charge, deux fronts voisins vont avoir même densité superficielle de charge quelle que soit la distance à laquelle ils se sont propa­gés. Si la surface des fronts d'onde croît comme le carré de la distance, la densité de charge sera inversement proportionnelle au carré de la distance mais les interactions selon la loi de Coulomb se décrivent de la même façon quelles que soient les charges en ne considérant que les densités superficiel­les. En effet, soit Î la charge d'un élément de surface s délimité par un angle solide q  petit, ayant l'atome émetteur pour sommet.

 

                          (1)

 

si Îo est la portion de charge (quelconque) transportée par la totalité de chaque front d'onde sphérique, tous les éléments de surface délimités par cet angle auront la même charge absolue et la même densité de charge lorsque l'on considère deux fronts voisins. On peut en effet négliger, quand R est grand, la différence de surface entre deux fronts d'onde voisins séparés d'une distance aussi faible que la longueur d'onde. Deux éléments de fronts voisins vont ainsi se  repousser selon la loi de Coulomb avec une force :

 

                                           (2)

 

  Mais nous nous souvenons que les électrons dans le sep ont un mouvement de spin. Ils tournent sur eux-mêmes autour de l'axe du système et possèdent ainsi un moment angulaire qui se conserve. Au moment de l'émission, la portion de charge émise emporte sa quote-part de moment angulaire et les fronts d'onde vont avoir un mouvement de rotation selon un axe  identique à celui de la surface qui dans le sep les a émis.

  Deux fronts d'onde voisins constituent un système en interaction et cette interaction va faire que le mouvement de rotation de l'un va engendrer un couple si le front voisin n'a pas la même vitesse angulaire. Le moment de la force M entre deux fronts voisins devrait s'exprimer :

 

                      (3)

 

expression dans laquelle on ne tient compte que de la charge des éléments des fronts d'onde et de la distance qui les sépare. Ce moment de force est une interaction électromagnétique classique entre deux surfaces chargées concentriques en mouvement relatif. Il peut être mis en évidence expérimentalement par un dispositif de construction très simple mais il convient de se rappeler que cet effet est connu depuis très longtemps sous sa forme macroscopique dans les moteurs électriques. En fait, le moment de force M devrait dépendre de la différence de vitesse angulaire des deux fronts d'onde, mais puisque l'interaction a pour effet d'engendrer ce que nous pouvons considérer comme étant un moment d'inertie J, le moment d'inertie de chaque élément s  peut s'écrire :

 

                 (4)

 

Dans cette équation, R0wo est la vitesse axiale (transversale) du front considéré et Rewe celle du front qui lui est immédiatement extérieur.

  Cette expression du Moment d'inertie est purement formelle. En tout état de cause, le moment d'inertie du front d'onde devrait résulter de son inertie intrinsèque. Mais par essence, une charge électrique n'a pas d'inertie propre tant qu'elle n'est pas en interaction avec une charge ou un champ. Dans le cas présent, chaque front d'onde est en interaction avec deux fronts voisins et il est donc possible de considérer le moment d'inertie de chaque front d'onde comme résultant de l'interaction avec le front extérieur alors que l'on considère l'interaction motrice avec le front intérieur. Pour simplifier, l'on peut dire que le mouvement moteur provoqué par l'interaction avec le front intérieur est freiné par l'interaction avec le front extérieur. Ainsi, le moment d'inertie J du front d'onde est d'autant plus grand que l'écart entre sa vitesse angulaire et celle du front extérieur sera petit, le couplage est ainsi d'autant plus grand que les fronts ont même vitesse transversale si bien que l'interaction axiale avec le front intérieur ne pourra se faire que lorsque la différence de vitesse angulaire avec le front extérieur sera grande, ce qui est également la condition qui fait que le moment de la force d'interaction avec le front intérieur est maximum et ainsi toutes les interactions axiales se font simultanément de telle façon que les fronts successifs restent parallèles entre eux.

  Ainsi, du moment de force M qui résulte de l'interaction d'un élément s  avec son homologue du front intérieur et du moment d'inertie J résultant de l'interaction avec celui du front extérieur il va résulter une accélération angulaire :

 

       (5)

 

qui cesse quand les deux fronts ont même vitesse linéaire puisque d'après (4), le moment d'inertie devient infiniment grand quand les vitesses des deux fronts sont égales. Il est bon de souligner ici le caractère relativiste de cette description de l'interaction transversale des fronts d'onde : La variation de l'accélération est liée à la variation du moment d'inertie des éléments de fronts d'onde en fonction de leur vitesse transversale et non à la différence de ces vitesses. Nous voyons en effet que le moment d'inertie devient infiniment grand quand |(Rowo)2-(Rewe)2 devient infiniment petit. C'est donc la variation relativiste du moment d'inertie qui détermine l'accélération angulaire. Cepen­dant, et nous aurons l'occasion d'y revenir en détail Chapitre VII, la variation du moment d'inertie décrite selon (4) n'est également que formelle, cette variation ne résulte pas d'une variation intrinsèque d'une caractéristique phy­sique de l'élément de front d'onde mais, comme nous le verrons ci-dessous, de la constance de la vitesse des charges.

  Nous nous souvenons que dans le sep, lorsque l'électron et le proton avaient même vitesse angulaire, ils interagissaient radialement. Ici, de même, nous pouvons admettre que lorsque les deux fronts ont même vitesse axiale, ils sont au repos, relativement l'un à l'autre, et dans cette situation, il va s'exercer entre chaque élément s des deux fronts d'onde une force de répul­sion qui s'exprime :

 

                   (6)

 

qui fait que deux fronts d'onde voisins vont se repousser, mais comme cha­que front est à l'intérieur d'un front et extérieur à un autre front et que l'inte­raction entre deux fronts successifs est la même, la distance qui sépare deux fronts restera constante et les rayons de toutes les sphères fronts d'onde vont croître tant que l'atome émettra.

  Comme le moment angulaire H se conserve, lorsque le rayon du front d'onde s'accroît, le moment d'inertie J croît également et la vitesse angulaire w diminue et comme deux fronts voisins ont des rayons différents, pendant l'interaction radiale répulsive, les vitesses angulaires de deux fronts voisins vont se différencier, ce qui va engendrer le couple de moment M qui tendra à uniformiser les vitesses angulaires pour qu'à nouveau l'interaction radiale répulsive puisse avoir lieu.

  L'interaction coulombienne engendrée par tous les éléments s  de chaque front d'onde avec les éléments homologues des fronts voisins, a deux compo­santes, l'une radiale répulsive, l'autre axiale qui provoque une rotation de tout le front d'onde. Ces deux composantes sont, comme dans le sep, alternative­ment prépondérantes.

 A chaque instant, la vitesse réelle d'un élément s  sera donnée par :

 

vs  =  (vrad2 + vaxi 2 )1/2   = Cte                  (7)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Fig. 2.1 Mouvement d'un élément de front d'onde.

 

 

 

mais la vitesse radiale et la vitesse axiale seront alternativement nulles ou maximales. Si ces vitesses ont des maximum égaux, on peut les représenter comme sur la figure 2.1. Il est évident que la distance franchie de to à t   est égale à la longueur d'onde l et que la durée de ce déplacement est égale à une période. Ainsi, la vitesse constante à laquelle se déplace un élément de front d'onde s n'est pas la  célérité de la lumière c mais comme on le voit sur la figure une vitesse plus grande :

 

umax = pc/2                       (8)

 

 Ce qui ne remet nullement en cause le principe selon lequel on ne peut dé­passer la vitesse c. Pour que les fronts d'onde puissent se propager à la vi­tesse moyenne apparente c, il est évident que la vitesse des éléments de fronts d'onde, qui se déplacent  à la fois dans le sens de propagation et dans une direction transversale, doivent avoir une vitesse instantanée supérieure à c.

  La première phase correspond à la phase d'accélération radiale, et l'on voit qu'au fur et à mesure où la vitesse radiale augmente, la composante axiale s'estompe. Au terme d'une demi-période, la vitesse radiale est maximum et c'est la composante axiale qui devient prépondérante, pour atteindre son maximum en t où le mouvement transversal atteint à son tour la vitesse maximum.

   C'est donc seulement la direction du mouvement des éléments de fronts d'onde qui oscille d'un angle de 0 à p/2 radians à chaque demi-période alors que leur vitesse reste constante et égale à pc/2.

  Soulignons que cette alternance de la direction du mouvement des éléments de fronts d'onde a une cause physique réelle : Lorsque deux fronts d'onde ont exactement même vitesse angulaire, ils sont au repos relatif et c'est alors la force répulsive de Coulomb qui est prépondérante. Les fronts d'onde se re­poussent, ce qui conduit au mouvement radial vers l'extérieur.

  Il est évident qu'il ne peut y avoir équilibre entre la force de répulsion exer­cée sur chaque front d'onde par le front qui lui est immédiatement intérieur et le front qui lui est immédiatement extérieur car le premier front émis (à l'ex­térieur du train d'onde) ne se voit opposé aucune résistance alors que les fronts intérieurs sont continuellement poussés par de nouveaux fronts tant que l'émission perdure à la même fréquence.

  Lorsque le vitesse radiale croît, la vitesse axiale diminue pour que la somme géométrique des vitesses reste constante, ce qui crée les conditions qui en­gendrent le moment de force. Ce moment de force engendre une accélération angulaire W alors que lors du repos relatif des fronts d'onde, la force cou­lombienne provoque une accélération radiale g :

 

 g = F/ I                (9)

 

où I est l'inertie d'un élément s  front d'onde. Il semble que l'on puisse expri­mer cette inertie instantanée :

 

         (10)

 

 

expressions qui ne tiennent compte que de la composante de la vitesse radiale instantanée du front d'onde en fonction de la phase. Ainsi, la vitesse radiale instantanée s'exprime :

 

                    (11)

 

  L'expression (10) souligne le caractère relativiste de l'inertie mais on conçoit qu'elle découle naturellement de ce qui précède. En effet, il est évi­dent que la force de répulsion entre deux fronts d'onde reste constante quel­les que soient la vitesse radiale et la direction instantanée des éléments de fronts d'onde tant que la distance qui sépare deux fronts reste constante, ce qui est effectivement toujours le cas. C'est donc bien dans l'expression de l'inertie qu'il convient d'introduire le carré de la vitesse instantanée de l'élé­ment. L'accélération radiale instantanée prend alors la forme :

 

                              (12)

 

  Il est évident que cette accélération n'a pas une valeur constante dans le temps d'une demi-période l/2c. Elle varie avec la phase j. Il faut donc inté­grer la variation des accélérations en fonction de la phase. On obtient  :

ògdj=0,405g                       (13)

 

 Si pendant une demi-période, l'espace parcouru dans le sens de la propaga­tion est, par définition, égal à la demi-longueur d'onde et que la vitesse moyenne soit c, on obtient, d'une façon évidente :

 

t/2 = l/2c                     (14)

 

Nous pouvons calculer le déplacement transversal à chaque demi-période, l'angle balayé sera

 

tg q = l/2R                  (15)

 

  Et l'angle de déplacement transversal diminue avec la distance R mais le déplacement transversal reste toujours identique et égal à la longueur d'onde. En effet, à chaque demi-période ce déplacement  sera :

 

s = R q = l/2                    (16)

 

  Nous voyons que la propagation du rayonnement électromagnétique à une cause lorsqu'on admet qu'il est de même nature que les électrons qui lui don­nent naissance. De plus, nous rendons compte, en même temps et sans hy­pothèse ad hoc du mouvement transversal nécessaire à l'explication de la polarisation et de nombreux autres phénomènes comme nous le verrons ci-après.

  Le front d'onde est composé de la charge que l'électron ne peut conserver lors de la contraction sur une orbite intérieure dans le sep. Cette charge, le front d'onde va la conserver tout au long de son périple à travers l'espace dût-il franchir l'Univers entier. Il est évident que dans ce cas, la densité de charge sera très faible, mais comme deux fronts voisins vont encore avoir la même densité de charge, deux éléments s de deux fronts voisins vont pou­voir interagir comme ils le faisaient lors de l'émission.

 Par ailleurs, nous voyons que la propagation du rayonnement électromagné­tique peut se faire dans le vide. L'éther ou tout autre milieu matériel de pro­pagation lui sont inutiles. Le rayonnement se propage parce que chaque front émis par l'atome pousse celui qui l'a précédé et sera à son tour poussé par celui qui sera émis une période après.

 Le mécanisme de propagation du rayonnement électromagnétique proposé ici peut en outre expliquer certains phénomènes qui jusqu'à présent ont été observés mais jamais perçus et compris comme posant un problème particu­lier. Ainsi :

 

1      Le fait qu'un faisceau de lumière purement monochromatique ne soit jamais observé et que l'on trouve toujours un paquet d'ondes formant une série décroissante (§ 2.19 ).

 

2      Le décalage vers le rouge du rayonnement en provenance d'astres lointains (§ 2.20). (Redshift)

 

3      Les objets lointains très lumineux comme les quasars. (§ 2.22)(Quasars)

 

 

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[1]- On ne peut évidemment pas prétendre que seules les particules d’éther situées entre la source et l’observateur seront ébranlées. Invoquer ici le principe de moindre action serait pour le  moins fantaisiste, un même évènement pouvant être observé simultanément dans toutes les directions de l’espace autour du point source.



[1]- James Clerck MAXWELL, Traité d’électricité et de magnétisme,  Gauthier-Villars, 1889, Tome 2, p. 561.                

[2] - ib. p. 561, (C’est bien Maxwell qui est l’auteur de cet extrait, il ne s’agit pas d’une critique des conceptions actuelles sur, par exemple, l’existence d’une force forte générée par le proton en même temps que la force électromagnétique.)

[3] - Ib. p. 562

[4] - Ib. p. 559

[5] - Ib. p. 561

[6] - Ib. p. 562